Clichés et réalités d’une startup

Pour le grand public, la startup pâtit parfois d’une mauvaise réputation. A tort ou à raison. L’objectif de cet article est de donner un point de vue interne et de casser les idées reçues qui créent un avis biaisé sur un environnement méconnu.

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Thomas Paramelle

08/03/2019

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La startup est fréquemment diabolisée par une partie de la population, pour des raisons parfois logiques, parfois totalement erronées. Je vais donc tâcher d’offrir un point d’accès aux « backstages » de cet environnement, puisque j’ai l’occasion de le côtoyer depuis quelques années par le biais de différentes expériences professionnelles.

Faisant face à un sujet clivant, je précise que mes termes et points de vue n’engagent que moi et je n’ai aucunement la prétention d’être totalement objectif sur le thème abordé. Ceci étant fait, passons aux choses sérieuses.

 

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#startupnation #uberisation #nouvelleéconomie #disruption

Tant de mots clefsdont les connotations péjoratives se développent de jours en jours.

Oui, le fait de créer sa startup est devenu une « mode ». Oui, on y retrouve bon nombre d’entrepreneurs incompétents, véreux et/ou malhonnêtes. Oui, certaines startups ont créé des dommages sociaux conséquents.

 

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MAIS

Non, ce n’est pas le cas de tout le monde. On peut alors se poser un certain nombre de questions.

Pourquoi l’entrepreneur est-il de plus en plus discriminé ? Parce qu’il « correspondrait » à une ligne politique ? Parce qu’il veut s’attaquer à un marché figé pour détruire des emplois ? Parce qu’il veut faire de l’argent, à n’importe quel prix ?

Et si l’entrepreneur avait tout simplement envie de créer des choses par ses propres moyens ? Et s’il avait envie d’être autre chose qu’un rouage dans une machine bien huilée ? S’il avait envie d’autre chose qu’un N+1 qui le conditionne ?

Je considère personnellement les entrepreneurs comme des personnes qui aiment le risque, ou de grands malades (ça dépend). En effet, quoi de plus risqué que se lancer dans une aventure dont les chances de réussite sont inférieures à 10% ?

De surcroît, si l’entrepreneur n’a pas travaillé avant sa création d’entreprise, il prend également le risque de se retrouver sans aucune aide financière de l’état en cas d’échec. A l’heure où l’on crache facilement sur les ‘startupers’, il est important de rappeler la part de risque qu’incombe une telle aventure.

Loin de moi l’idée de dépeindre un monde des startups tout beau tout rose. On est quand même loin des bisounours et de la famille Barbapapa. L’envers du décor réserve toujours de petites surprises.

 

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Réalités et dérives dans le monde des startups


L’utopie de la levée de fonds

 

Dans ce qu’on peut appeler « l’environnement startup », il y a clairement des dérives et des modes de pensée questionnables. La politique visant à « lever des fonds à tout prix » en est un bon exemple.

 

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En effet, les levées de fonds sont intimement liées au développement des startups et au mythe qu’elles peuvent représenter. Certains pensent même que les montants débloqués par une startup sont un critère de qualification de son potentiel. Lorsque l’on sait combien il est complexe de valoriser une startup, on peut sérieusement se questionner sur ce mode de pensée.

Petite anecdote pour appuyer mon propos :

Je situe le contexte : déplacement à Paris pour une interview visant à mettre en avant le service Flybot. Nous sommes dans les locaux d’un grand média généraliste, où l’on rencontre un membre de fond d’investissement. Après de brefs échanges sur nos rôles mutuels, sa seconde question est la suivante : « Vous avez levé combien ? » Cet individu est alors étonné lorsqu’on lui répond que ce n’est pas dans nos priorités. En revanche, si on lui avait répondu « on a levé 1M », je pense très honnêtement qu’il aurait eu une toute autre réaction, et qu’il n’aurait pas hésité une seconde à nous donner sa carte.

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Comment en est-on arrivé à considérer une startup ou non en fonction des levées de fonds qu’elle génère ? Toutes ces petites entreprises sont différentes, de même que leur modèle économique. Certaines ont besoin d’un énorme capital pour développer leur proposition de valeur, d’autres n’ont besoin que de 3 cacahuètes mais ça ne leur empêchera pas nécessairement d’atteindre les sommets et d’être rentable.

Cette question est révélatrice de l’état d’esprit que l’on retrouve parfois dans l’environnement startup. Tu as levé X millions, ta boîte est forcément « quali » et a des perspectives d’avenir. Dans le cas contraire, tu vas mourir prochainement dans d’atroces souffrances.

Or, cette analyse se montre de plus en plus erronée. Flybot en est le contre-exemple parfait. Il est possible de développer sa startup de façon pérenne sans faire appel à des levées de fond. Dans notre cas, c’est à l’aide de petits investissements futés et d’une politique de dépense très maîtrisée que nous parvenons à gravir les échelons, petit à petit. Le cap symbolique des 3 ans d’existence n’est certes pas encore passé. Mais, à mi-chemin, les perspectives de croissance évoluent de jour en jour.

Entre la cigale et la fourmi, nous avons clairement choisi le point de vue de la deuxième protagoniste. En outre, il est, bien entendu, possible que tout s’arrête demain, même si le risque est minime. Néanmoins, grâce à cette politique précautionneuse, nous sommes en mesure d’anticiper et d’être agiles dans notre évolution.

Je me dois, par ailleurs, de pondérer mes propos. Une politique axée sur les levées de fonds n’est pas nécessairement l’œuvre de satan. Il est, d’autre part, possible que nous faisions appel à ce levier pour un but précis à l’avenir. Mettre en exergue les dérives liées à ce formidable outil me paraissait cependant important.

La jungle des startups

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Ce qui est également intéressant à observer, c’est que le monde des startups ressemble parfois à Koh Lanta. Quelques semaines après sa création, Flybot a intégré l’incubateur d’un espace de co-working (un espace de travail partagé dédié à des startups, pour les non-initiés). Dans ce même espace, on retrouvait une dizaine de startups aux concepts variés.

Un an et demi plus tard, nous sommes parmi les seuls survivants de l’aventure, et l’open-space paraît un peu vide. L’épreuve des poteaux en a fait chavirer plus d’un, l’équilibre financier étant l’une des clés de la réussite entrepreneuriale. Néanmoins, en ayant une bonne gestion des sacs de riz, nous avons pu évoluer pour se rapprocher de la finale. Mais nous avons vu bon nombre de compagnons arrêter l’aventure, car l’incertitude est au cœur de tout projet de startup, et la réussite rarissime. Dans notre cas, le chemin est encore long mais nous avons survécu jusqu’ici. Ce qui est un bon début, en somme.

Dans cette jungle moderne, les dialectes ne sont pas systématiquement les mêmes que dans le reste du monde. Entre anglicismes, mots raccourcis et nouveaux termes, il peut être parfois difficile de communiquer avec des individus de cet environnement. Soit parce qu’on a des difficultés de compréhension de certains propos, soit parce que la personne qui les emploie en fait mauvaise presse.

 

« C’est quoi votre traction ? Vous comptez disrupter quel marché ? »

« Le reporting des données du call est done ? »

« Au niveau du budg, on est sur une enveloppe à 5K »

« Est-ce que t’as d’autres trucs à monitorer ? »


A notre petite échelle, nous avons été partiellement contaminés par ce phénomène bien connu du monde des startups. Nous essayons de limiter sa propagation dans la structure mais la tâche s’avère complexe. Cependant, il est important de souligner que les personnes employant ces termes ne sont pas obligatoirement des gens prétentieux ou des excréments humains (même si vous le pensez très fort).


Bosser dans une startup, un rêve éveillé ?

Autre point sensible du travail en startup : ton entourage pense que tu brasses du vent et ne comprend pas ce que tu fais. Comment ça tu joues au ping-pong à la fin de la pause déjeuner ? Comment ça tu peux gérer tes horaires ? Comment ça tes supérieurs sont bienveillants et te considèrent comme leur égal ? Comment ça tu fais de la veille ? Tu veilles sur qui ? Tu ne crois pas qu’il faut que tu te réveilles plutôt, petit rêveur ?

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Peut-être. Peut-être qu’un environnement de travail agréable et une équipe de qualité sont de doux rêves. Pourtant, c’est la réalité chez Flybot. Mais pour ce faire, il faut s’investir. Il faut être prêt à charbonner comme il se doit, à être disponible en dehors des horaires de travail dit « traditionnels », à réfléchir constamment aux améliorations du service ou de la structure. Il faut se sentir partie prenante du projet et œuvrer de toutes ses forces pour son succès.

Pour une génération, comme la mienne, à qui on a martelé qu’on n’aurait pas de boulot ou que celui-ci serait pénible et inintéressant, travailler en startup peut être la voie 9 ¾ vers la réussite (qu’elle soit personnelle, collective ou financière).

Malgré le fait que l’environnement startup soit partiellement mal vu, qu’on y constate des dérives et des modes de pensées parfois infondés, il reste à mes yeux un vecteur de développement professionnel et personnel très conséquent.

Cet article n’a pas vocation à être une ode à la startup, bien que j’accentue probablement davantage ses aspects positifs, mais un retour d’expérience (j’ai conscience de ne pas avoir 10 ans d’ancienneté derrière moi) sur la réalité de cet environnement et les travers qui en ressortent. J’ai essayé, à ma petite échelle, d’offrir un point de vue interne sur la thématique et de prôner un arrêt de sa diabolisation, sans oublier les dommages causés dans le passé par certaines startups.

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